La galerie d’exposition permanente évoque, le long d’une vingtaine d’étapes, l’histoire du corps des sapeurs-pompiers de Lyon et du Rhône. Ce sont plus de 450 objets à découvrir, pompes à bras, à vapeur, motopompes, véhicules, seaux, haches, casques, uniformes, maquettes, bateau, armement, matériel de secours à personnes et de communication.
A travers une sélection, découvrez quelques objets vedettes du musée.

champenois_bdPompe à bras Champenois, vers 1840

Cette pompe foulante fut fabriquée par la maison lyonnaise Champenois vers 1840. Elle est montée sur un chariot à quatre roues, tractée les jours de manœuvre par des chevaux loués pour l’occasion. Lors des incendies, pour ne pas perdre de temps, les sapeurs-pompiers et les citoyens volontaires tirent eux-mêmes la pompe au feu. Le balancier de manœuvre en fer forgé est constitué de deux parties coulissant l’une sur l’autre permettant de l’allonger et d’augmenter ainsi le couple de travail. Ses extrémités se terminent en T et comportent deux douilles dans lesquels s’engagent les leviers de manœuvre en bois. Son support en métal coulé est agrémenté de motifs très esthétiques figurant des animaux hybrides. Le col de cygne articulé formant la sortie de refoulement de l’eau peut alimenter des tuyaux de cuir ou directement la lance.

paulin_bdBlouse Paulin, XIXe siècle

Mise au point en 1835 à partir d’un travail d’observations réalisé par Gustave Paulin, officier du service d’incendie de la ville de Paris, la blouse Paulin est un équipement respiratoire de sapeur-pompier pour intervention en milieux enfumés. La blouse était reliée par un tuyau à une pompe à bras actionnée en surface, qui envoyait de l’air à celui qui la portait. Elle couvrait la tête et le tronc et était resserrée au niveau des hanches et des poignets au moyen de sangles. La cagoule est équipée d’une visière en verre sertie entre deux épaisseurs de cuir cousu. Deux valves permettent l’arrivée et l’expulsion de l’air. Cet exemplaire a été utilisé par le corps des Sapeurs-Pompiers d’Ecully au XIXe siècle. Après avoir passé quelques années en réserves, il subit une restauration complète en 2011 lui permettant d’être à nouveau exposé.

Grenade extinctrice, 1888

grenade_940x623Jusqu’aux années 1950, les feux de cheminées représentent un grand nombre d’interventions. Dans les années 1880 – 1890 apparaissent des grenades en verre qui, en se brisant, dégagent des gaz impropres à la combustion qui étouffent le feu. Des fioles contenant du sulfure de carbone agissent de manière identique. En 1913, le corps étant devenu entièrement professionnel, des équipes de deux sapeurs partent aux feux de cheminées avec des bicyclettes.

CAK_940x627Fourgon-pompe Berliet, type CAK, 1909

Le conseil municipal de Lyon décide de motoriser le corps de sapeurs-pompiers en juin 1907. Après un premier essai, l’autopompe présentée par les Automobiles Berliet de Lyon entre officiellement en service en mars 1909 sous le nom de baptême « l’Éclair ». Sa carrosserie d’origine lui permet de transporter huit sapeurs-pompiers.
En 1913, l’Éclair reçoit une nouvelle carrosserie du type des fourgons-pompes de Paris, afin d’unifier les capacités opérationnelles des trois autopompes lyonnaises utilisées à l’époque et l’équipage passe à treize hommes. Au mois d’août 1919, ce fourgon-pompe, en excellent état mais jugé insuffisant sur le plan de la puissance hydraulique, est vendu au groupement des marchands de drap de la ville de Vienne (Isère) qui l’offrent aux pompiers de leur cité.

caserne_940x587Charles Meysson, Nouvelle annexe de la caserne centrale rue Rabelais, aquarelle sur papier, 1938

Au tournant des années 1930, sous l’effet de l’augmentation de l’effectif du corps, il devenait urgent d’agrandir le « Quartier central », en activité depuis 1906. Charles Meysson (1869-1947), architecte en chef de la Ville de Lyon depuis 1901, fut chargé d’en concevoir l’annexe contenant garages, locaux techniques, tour de séchage, logements, infirmerie et locaux de service. C’est un grand bâtiment de cinq étages situé dans le prolongement de la première caserne, rue Rabelais, qui sort de terre après deux tranches de travaux successives, inaugurées en 1935 et 1938.
Exemple tardif du mouvement Art déco, cette façade rigoureuse est adoucie par le bel arrondi donné à l’angle du bâtiment. On aperçoit dans le hall de départ une moto, deux camions de corvées, une échelle et trois fourgons.